—Oui, mais quand? Après quatre heures, ils viendront faire le guet à la lisière, il n’y a que pendant la classe qu’on pourrait chercher, mais faudrait la gouepper[87] au moins huit jours de suite «passe que» il ne faut guère compter qu’on tombera dessus le premier matin. Qu’est-ce qui veut oser faire ce coup-là pour recevoir une tatouille carabinée de son père et attraper un mois de retenue du maître d’école?
—Il n’y a que Gambette.
—Mais comment ont-ils bien pu la trouver, les salauds! une cabane si bien cachée, que personne ne connaissait et où ils ne nous avaient jamais vus venir.
—C’est pas possible! on leur a dit.
—Tu crois? Mais qui? il n’y a que nous qui sachions où elle est! Il y aurait donc un traître?
—Un traître! ruminait La Crique.—Puis se frappant le front sans souci de son œil, illuminé malgré son bandeau d’une pensée subite:
—Oui! là! nom de Dieu! rugit-il, oui, il y a un traître et je le connais, le salaud, je sais qui c’est! ah! je vois tout, je devine tout maintenant, le dégoûtant, le Judas, le pourri!
—Qui? interrogea Camus.
—Qui? reprirent les deux autres.
—Bacaillé! pardi!