C’étaient sûrement les Velrans qui avaient fait le coup: La Crique, avec son intuitive finesse et sa logique habituelle, le prouva incontinent.

—Voyons, un homme de Longeverne qui aurait trouvé par aventure la cabane n’aurait fait qu’en rire; il en aurait jasé au village et on l’aurait su; un étranger n’avait rien à prendre là et s’en serait fichu; Bédouin, lui, était bien trop nouille pour trouver tout seul une cache pareille et d’ailleurs, depuis sa dernière soulographie, il ne se hasardait plus en rase campagne et, comme un sage, cultivait et rentrait les légumes et les fruits de son jardin.

Restaient donc les Velrans.

—Quand? La veille parbleu! puisque le jeudi soir tout était intact et qu’aujourd’hui il leur aurait été impossible de trouver après quatre heures le temps matériel nécessaire pour perpétrer un pareil saccage, à moins toutefois qu’ils ne fussent venus le matin, mais ils étaient bien trop froussards pour oser friper une classe!

—Ah! si nous étions au moins venus hier, se lamentait Lebrac. Dire que j’y ai pensé! Car enfin ils n’ont pas pu tous venir, il y en avait trop d’éclopés parmi eux, je le sais bien, peut-être, moi, comme ils étaient arrangés: ils étaient sûrement plus mal foutus que nous encore.

Ah! si on leur était tombé dessus. Bon Dieu de nom de Dieu! je les étranglais!

—Cochons! canailles! bandits!

—C’est tout de même lâche, vous savez, ce qu’ils ont fait là, jugea Camus.

—Et nous en sommes des propres pour nous rebattre!

—Il faudra trouver leur cabane aussi, nous, reprit Lebrac, il n’y a plus que ça, parbleu, plus rien que ça.