—Les autres ne nous ont pas vus, remarqua Lebrac.

Personne ne sait qu’on est venu; ah! notre cabane est vraiment bien cachée.

On fit chorus. Ce sujet était inépuisable.

—C’est moi «que je l’ai trouvée»! hein! rappela La Crique, riant d’un large rire triomphant malgré son œil au beurre noir.

—Entrons, coupa Lebrac.

Un cri de stupéfaction et d’horreur jaillit simultanément des quatre poitrines, un cri épouvantable, déchirant, où il y avait de l’angoisse, de la terreur et de la rage.

La cabane était dévastée, pillée, ravagée, anéantie.

Des gens étaient venus là, des ennemis, les Velrans assurément! Le trésor avait disparu, les armes étaient cassées ou dérobées, la table arrachée, le foyer démoli, les bancs renversés, la mousse et les feuilles brûlées, les images déchirées, le miroir brisé, l’arrosoir cabossé et percé, le toit défoncé et le balai, suprême insulte, le vieux balai dérobé au stock de l’école, plus dépaillé et plus sale que jamais, dérisoirement planté en terre au milieu de ce désordre, comme un témoin vivant du désastre et de l’ironie des pillards.

A chaque découverte, c’étaient de nouveaux cris de rage, et des vociférations, et des blasphèmes, et des serments de vengeance.

On avait démoli les casseroles et... souillé les pommes de terre!