Le dimanche, un peu avant la messe, ils purent se réunir autour de l’abreuvoir et causer enfin de leurs affaires.
Ils virent passer, tenant son père par la main, Bacaillé, entièrement remis et plus narquois que jamais dans ses habits «rappropriés». Après vêpres, ils crurent habile et prudent de rentrer avant qu’on les y invitât.
Bien leur en prit, en effet, car ce dernier trait désarma tout à fait les parents et le maître si bien que, le lundi, on les laissa libres de jouer et de bavarder comme avant la sauce, ce qu’ils ne manquèrent pas de faire à quatre heures, loin des oreilles inquisitoriales et des regards malintentionnés.
Mais le mardi, tous eurent une grosse émotion: Grangibus arriva à l’école avec son frère, et Gambette lui aussi descendit de la Côte avant huit heures. Il apportait au père Simon un chiffon de papier graisseux plié en quatre, que l’autre ouvrit et sur lequel il lut:
«Mocieu le maître,
«Je vous envoi sé deux mots pour vous dire que j’ai gardé Léon à la méson à cause de mes rumatisses pour arrangé les bêtes.
«Jean-Baptiste Cassard.»
C’était Gambette qui avait rédigé le billet, et Grangibus qui l’avait signé pour le père de l’absent, afin que les deux écritures ne se ressemblassent point: il passa haut la main.
La chose, d’ailleurs, n’inquiétait pas les guerriers; Gambette, on le savait, était souvent retenu à la maison.
Mais si Gambette revenait avec Grangibus, c’est qu’il avait trouvé la cabane des Velrans et repris le trésor.