—Tirouit! interrogea-t-on dans les buissons du couchant.
—Les voici! fit Lebrac, et il imita à trois reprises le rappel de la perdrix grise.
Une forte sabotée, frappant le sol à coups redoublés, lui apprit la venue des trois éclaireurs et le rassemblement à son poste des divers groupes disséminés par le coteau. Quand tout le monde fut réuni, les coureurs s’expliquèrent:
Zéphirin, assurèrent-ils, jurait les tonnerre et les bordel de Dieu contre ces sales petits morpions de Velrans qui venaient emmerder les honnêtes gens jusque sur leur territoire, et le pauvre bougre suait et s’épongeait et soufflait, tel un carcan poussif qui tire une voiture de deux mille, en montant une levée de grange rapide comme un toit.
—Ça va bien! affirma Lebrac. Il veut repasser par ici, faudra que quelqu’un reste pour le guetter.
La Crique, qui était déjà psychologue et logicien, émit une opinion:
—Il a eu chaud, par conséquent il a soif; donc il va s’en retourner tout droit au pays pour aller prendre sa purée chez Fricot l’aubergiste. Faudrait peut-être bien que quelqu’un aille aussi par là-bas!
—Oui! approuva le chef, c’est vrai: trois ici, trois là-bas; les autres vont tous venir avec moi dans le bois du Teuré; maintenant, j’ sais ce qu’il faut faire.
—Il en faudra un malin près de chez Fricot, continua-t-il; La Crique va y partir avec Chanchet et Pirouli: vous jouerez aux billes sans avoir l’air de rien.
Boulot, lui, restera ici, calé dans la carrière avec deux autres: faudra bien regarder et bien écouter ce qu’il dira; quand le vieux sera loin et qu’on saura ce qu’il va faire, vous viendrez tous nous retrouver au bout de la vie[45] à Donzé, près de la Croix du Jubilé. Alors on verra et je vous dirai de quoi il retourne.