En rentrant, on accrochait le bouquet au-dessus de la porte de la cuisine, parmi les grands clous de «baudrions» où la panoplie luisante et rustique des faux jette ses feux sombres, et on l’y laissait, sous l’abri de l’auvent, se dessécher jusqu’à l’année suivante et plus longtemps quelquefois.
Mais il ne s’agissait pas de cela aujourd’hui.
—Dépêchons-nous, pressa Lebrac, qui voyait tomber la nuit et les brouillards du couchant se lever sur le moulin de Velrans.
Et, ayant fait rassembler le butin, après s’être livré mentalement à des opérations mathématiques compliquées et avoir avec soin auné de ses bras étendus les liens dont on disposait, il décida le départ pour le carrefour de la croix du Jubilé en passant entre les haies de la vie à Donzé.
Lebrac avait quatre morceaux de résistance, longs chacun d’environ dix mètres, et huit autres plus petits.
Chemin faisant, après avoir soigneusement recommandé de ne pas casser les grands bouts, il ordonna de nouer autant que possible les petits deux à deux et cependant que seize soldats portaient ces engins de combats et que les autres les regardaient, lui, le chef, se mit à réfléchir profondément jusqu’à l’arrivée au point de concentration.
—Qu’est-ce qu’on va faire Lebrac? interrogeaient tour à tour les gars.
La nuit tombait peu à peu.
—Ça dépend! répondit évasivement le chef.
—Il va bientôt être temps de rentrer, constata un des petits.