—Et puis les Velrans ne veulent pas venir ce soir. Hier, ils ont trop eu le trac. Ils ne savaient pas ce qui leur arrivait dessus. Ils ont cru qu’on tombait de la lune.
—C’était pas ce qui manquait, les lunes, remarqua La Crique.
—Sûrement que ce soir ils vont muser à ce qu’ils pourraient bien trouver et on en serait pour se moisir là-bas, sur place!
—Si Bédouin ne vient pas ce soir, il peut venir quelqu’un d’autre (il a dû blaguer chez Fricot) et on risque bien plus encore de se faire piger; tout le monde n’est pas aussi décati que le garde!
—Et puis, nom de Dieu! non! je ne me bats plus à poil, articula Guerreuillas, levant carrément l’étendard de la révolte ou tout au moins de la protestation irréductible.
Chose grave! Il fut appuyé par de très nombreux camarades qui s’en étaient toujours remis docilement aux décisions de Lebrac. La raison de ce désaccord, c’est que la veille, au cours de la charge, en plus du froid ressenti, ils s’étaient en outre qui planté une épine dans le pied, qui écorché les orteils sur des chardons ou blessé les talons en marchant sur des cailloux.
Bientôt toute l’armée bancalerait! Ce serait du propre! Non vraiment, ça n’était pas un métier!
Lebrac, seul, ou presque, de son opinion, dut convenir que le moyen qu’il avait préconisé offrait en effet de notoires inconvénients et qu’il serait bon d’en trouver un autre.
—Mais lequel? Trouvez-en puisque vous êtes si malins! reprit-il, vexé au fond du peu de succès en durée qu’avait eu son entreprise.
On chercha.