—On pourrait peut-être se battre en manches de chemises, proposa La Crique; les blouses au moins n’auraient pas de mal et, avec des ficelles pour les souliers et des épingles pour le pantalon, on pourrait rentrer.
—Pour te faire punir le lendemain par le père Simon qui te dira que tu as une tenue débraillée et qui en préviendra tes vieux! hein! qui c’est qui te remettra des boutons à ta chemise et à ton tricot? Et tes bretelles?
—Non, c’est pas un moyen ça! Tout ou rien, trancha Lebrac! Vous ne voulez pas de rien, il faut tout garder.
—Ah! fit La Crique, si on avait quelqu’un pour nous recoudre des boutons et refaire les boutonnières!
—Et aussi pour te racheter des cordons, et des jarretières, et des bretelles, hein! Pourquoi pas pour te faire pisser pendant que tu y es et puis torcher le «jacquot» à «mocieu» quand il a fini de se vider le boyau gras; hein!
—Ce qu’il faut, je vous le dis encore, moi, na! «pisse que» vous ne trouvez rien, reprit Lebrac, ce qu’il nous faut, c’est des sous!
—Des sous?
—Oui, bien sûr! parfaitement! des sous! Avec des sous on peut acheter des boutons de toutes sortes, du fil, des aiguilles, des agrafes, des bretelles, des cordons de souliers, du «lastique», tout, que je vous dis, tout!
—C’est bien vrai ça, tout de même; mais pour acheter ce fourbi que tu dis, il faudrait qu’on nous en donne beaucoup de sous, p’t’être bien cent sous!
—Merde! une roue de brouette! jamais on n’aura ça.