A l’égard de la santé, je renvoie, pour abréger, aux observations judicieuses de l’Abbé Fleury, sur cet art. chap. 20 du Choix des Etudes. L’éducation morale ne doit pas contredire l’éducation physique ; car c’est l’homme entier qu’il s’agit de former.

J’ajoute que pour déraciner les préjugés des gouvernantes & des meres qui inspirent sans raison à des enfans, de l’aversion pour certains remedes, la saignée, par exemple, le quinquina, &c. il seroit à propos de traduire la partie des Institutions du célèbre Boerhaave, qui traite de la conservation de la santé Lugiene, avec les Commentaires du savant Haller. On se trompera toujours moins quand on aura de bonne Physique, & des expériences pour guides. M. Tissot vient de publier un Traité de Médecine à l’usage du peuple, qui peut être regardé comme un Livre élémentaire.

L’institution sensée d’une Nation telle que la nôtre, mériteroit bien un traité pratique de Gymnastique, ou d’exercices comme ceux des Grecs ; les Carousels & les Tournois, quoique plus agréables que nos jeux de hasard, n’avoient ni le même but, ni la même utilité.

Je renvoie également pour la connoissance des affaires, aux Chapitres de l’Economie & de la Jurisprudence de l’Abbé Fleury. Je dirai seulement que pour faciliter l’étude du Droit public en France, s’il y en a un, on doit montrer en détail l’état de la France, la différence des Ordres du Royaume, la division des Offices, la compétence des Juridictions, Civile, Militaire, Ecclésiastique, dont les limites sont si connues dans la spéculation, & si peu respectées dans la pratique ; toutes matieres assez aisées à déterminer, & qui ne le sont le plus souvent que par la loi du plus fort, ou par le manege du plus intrigant.

Tout François doit connoître les Libertés de l’Eglise Gallicane. C’est une des parties importantes du Droit public de France. On a sur cette matiere un Livre à la portée des jeunes gens, qui devroit être enseigné dans toutes les Ecoles. Il est intitulé, Exposition des Libertés de l’Eglise Gallicane, par M. Dumarsais.

Après avoir examiné, ce qui forme le goût & l’esprit dans tous les genres, on doit rechercher encore avec plus de soin ce qui regarde les mœurs, ce qui constitue la vertu, la Religion.

J’ai parlé de la Morale qui précede toutes les loix positives, divines & humaines ; l’enseignement des loix divines regarde l’Eglise ; mais l’enseignement de cette Morale appartient à l’Etat, & lui a toujours appartenu : elle existoit avant qu’elle fût révélée, & par conséquent elle n’est pas dépendante de la Révélation, quoiqu’elle tire sa plus grande force & les motifs les plus puissans, de la confirmation qu’elle en a reçue.

La Révélation est un fait. La Morale gît toute en droit.

La Révélation est un droit divin positif ; la Morale un droit divin, éternel & immuable.

La distinction de la vertu & du vice, du juste & de l’injuste, vient, comme on a dit, de la raison & de la nature même des choses. L’amour de l’ordre ne peut pas être absolument éteint dans le cœur de l’homme ; car on ne peut pas renoncer entiérement à la raison.