--Adieu, mes amis, c'en est fait; nous nous retrouverons Là-haut, Adieu.

La vie la quitta avec ces mots; elle mourut, la lèvre parée d'un dernier sourire. Paul s'agenouilla au pied de ces restes bien-aimés, tandis que Muller contemplait avec une sombre tristesse le visage de son élève, de son enfant.

Le premier soin du précepteur, quand il se fut arraché à cette douloureuse scène, se porta vers le dépôt qu'Emma lui avait confié. Il l'ouvrit et lut ce qui suit:

«Ceci est ma dernière volonté.

«Je laisse à la femme de mon père, la veuve du général Dalincour, deux cent mille francs sur les sommes qui sont déposées chez mon notaire. J'espère que ma belle-mère voudra bien accepter ce souvenir de celle qui n'est plus et qui n'a jamais cessé de faire des vœux pour son bonheur.

«Je laisse à mon ami Muller cinquante mille francs; c'est tout ce qu'il accepterait de moi, mais je veux absolument qu'il les accepte. Je lui laisse aussi ma bibliothèque, mes oiseaux, mes herbiers, tout mon mobilier de jeune fille, tous les effets à mon usage. Je désire qu'aucun de ces objets ne soit distrait de ses mains.

«Je laisse à César Falempin et à sa femme vingt mille francs en mémoire de leurs bons services; ces vingt mille francs reviendront à Suzon après leur mort.

«J'institue pour mon; légataire universel mon cousin Paul Vernon, et lui laisse le reste de ma fortune; mais aux conditions suivantes, qui sont expresses et rendraient nulle toute disposition en sa faveur s'il y dérogeait:

«La première condition, c'est que la terre de Champfleury ne pourra pas être aliénée avant quinze ans d'ici.

«La seconde condition, c'est que tous les baux actuels seront renouvelés aux mêmes prix et clauses pendant ces quinze années; les fermiers ayant le droit de se prévaloir de cette réserve de mon testament, qui est faite en leur faveur.