--Malhonnête! s'écria-t-elle, est-ce qu'on entre ainsi chez les gens? Vous nous prenez donc pour des Prussiens, l'ami?
En achevant ces mots, elle allait joindre l'effet à la menace et se disposait à jouer du poing quand son visage changea subitement d'expression. La surprise y faisait graduellement place à la colère.
--Tiens! tiens! tiens! dit-elle en cherchant à éclaircir ses doutes.
--Eh bien, oui, répliqua le nouveau venu, me voilà.
--Dieu de dieu! c'est bien Anselme! s'écria la vieille avec un juron expressif. Viens donc, César, viens voir Anselme.
Le concierge accourut suivi du père Lalouette. La mère Falempin, de plus en plus étonnée, examinait avec soin son neveu, et le retournait dans tous les sens.
--Ah ça! dit-elle, qu'est-ce que c'est donc que cette pelure? dans quel régiment t'es-tu enrôlé, mon fiston?
--Dans le noble régiment des laquais, tante. Respect à l'uniforme! répondit Anselme en riant.
--Toi, s'écria César, toi laquais! Ne valait-il pas mieux rester ouvrier, malheureux!
--Laquais! ajouta le père Lalouette avec un geste qui exprimait à la fois le dédain et la compassion.