—Supprimé. Je suis sûr qu'il résistera à l'embaumement. Il a suffi du souffle de l'abbé d'Altenbourg, pour renverser ce pestiféré chancelant. La drogue avait fait merveille. Peut-être en avait-il trop pris. Elle lui eût donné un jour ou deux, et une ou deux nuits. C'était trop pour l'innocence! On l'a emporté de la sacristie dans un état piteux; huit jours après, il vomissait sa petite âme.

—Et sa veuve?

—Mademoiselle de Thorvilliers? Je ne sais pas si elle a porté le deuil.
Mais il ne l'empêcherait pas, en tout cas, de devenir comtesse de
Soulaignes.

—Le duc de Thorvilliers consentirait?…

—Belle question! D'abord, si peu qu'elle ait été mariée, par le fait seul de sa promenade à la mairie, Louise de Thorvilliers a été émancipée. Elle échappe à l'autorité du duc, et son caractère, qui s'est trempé aux larmes de l'abbé d'Altenbourg, lui donnerait, en tout cas, maintenant, la force de résistance qu'elle n'avait pas autrefois. Le duc a été forcé d'abdiquer son autorité.

—Forcé! lui, ce vaniteux?

—Précisément, il a eu peur de la révélation de l'abbé. Il a été horriblement mortifié de tout le bruit que les journaux ont fait de ce scandale. Sa spéculation avait tourné contre lui, et l'affaire devenait, de toutes façons, un désastre. Le prince, sur le conseil de la Buondelmonti, avait considérablement apanagé sa femme. Celle-ci se trouve à la tête de millions auxquels elle ne touchera pas, de peur de se salir, mais auxquels elle ne laissera pas toucher. Elle a renoncé à ce qui ne lui vient que par la succession, et elle consacrera à des fondations charitables ce qui lui a été donné par contrat. Le duc a donc fait une opération nulle. M. de Soulaignes est riche, généreux, amoureux. Il croit devenir le gendre du duc de Thorvilliers; il l'aidera; à la condition de ne pas le voir souvent. L'abbé aura conclu le mariage rêvé par lui. Il sortira probablement de sa retraite pour le bénir; mais soyez sûr qu'il y rentrera. Encore une fois, il a peur d'être tenté, et il tiendra le serment qu'il a fait de payer au ciel le bonheur de ses enfants, par son renoncement.

—Alors, tout est pour le mieux?

—Oui.

—Et la Buondelmonti?