—Mon père, mon père, disait-elle en sanglotant, qu'avez-vous? Que vous est-il arrivé?

Marforio se remit peu à peu, et comme Lorenzo avait appelé des valets pour le transporter, il fit signe à son gendre qu'il voulait être seul avec lui. Quand tout le monde se fut éloigné:

—Ah! mon cher Lorenzo, lui dit-il en soupirant, mon dernier jour est arrivé.

—Que s'est-il donc passé? Est-ce une disgrâce?

—Vous l'avez dit, une disgrâce, mais la plus cruelle, la plus inattendue, la disgrâce de la science; je suis déshonoré, je n'ai plus qu'à mourir.

—Vous m'effrayez, dit Lorenzo, qui pensa au fameux système, parlez vite.

—Eh bien! mon enfant, oh! je n'y survivrai pas! Un horrible complot a été tramé contre le prince, contre le ministère et contre moi. On était jaloux de ma gloire.

—Parlez! docteur, parlez!

—Je viens d'aller, selon l'obligation que je me suis imposée, et à laquelle, vous le savez, je n'ai jamais manqué, pour placer les cervelles dans les crânes. J'avais pour aujourd'hui un si beau projet!

—Eh bien! demanda Lorenzo, tout haletant d'impatience!