—Rien que la vérité la plus exacte, reprit M. Mendez en s'inclinant. Au surplus, c'est assez que la première rencontre ait eu lieu ce soir; je me borne à vous prier, madame, d'autoriser des visites dont vous connaissez le but loyal.

Ma mère ne savait trop que permettre; elle autorisa la recherche de M. Mendez; et quand il fut parti, elle voulut savoir dans les plus grands détails tout ce qui s'était passé. Je fis ce récit.

—Hélas! dit ma mère quand j'eus fini, tu as un orgueil qui t'a sauvée aujourd'hui, qui demain peut-être te perdra.

—Me perdre! repartis-je avec éclat. Si vous entendez par ce mot la vie avec la honte, je puis vous assurer que je ne cours aucun danger; si vous voulez parler de la mort, il est possible, en effet, que je me perde, un jour ou l'autre.

—Dolorida, reprit ma mère, je ne te demande qu'un serment: jure-moi sur le Christ, jure-moi sur ton salut éternel que si tu épouses M. Mendez, tu lui seras fidèle et que tu resteras jusqu'à la fin une honnête femme.

—Je le jure, dis-je en levant la tête: si j'épouse cet honnête homme, je vivrai comme une honnête femme; si je me trompe, je jure de mourir plutôt que de déchoir à mes yeux.

—C'est assez, mon enfant; tu ne mens pas et tu ne mentiras jamais; j'accepte la caution de ta franchise.


[IV]

[Un ménage honnête.]