Le masque remua la tête:
—J'avais joué sur parole avec votre père, et vous savez, señora, que mal m'en a pris. Votre père m'a fait banqueroute.
Je me levai, la pâleur de la honte me couvrait le front, la rage de la défaite m'emplissait le cœur. Devais-je fuir, accepter le conseil, la leçon qui m'était si brutalement donnée, ou bien fallait-il relever fièrement, témérairement le défi de cet homme?
Je pris le parti le plus audacieux:
—Monsieur, répondis-je à mon adversaire, je ne vous ai pas donné le droit de m'insulter.
—C'est un droit qui s'est transmis par héritage, dit le masque.
—Il me semble que vous avez plus d'esprit qu'autrefois, capitaine Lopez.
—C'est pour cela sans doute, señora, que je veux jouer au comptant.
—Eh bien, alors, nous ne jouerons pas, dis-je pour l'éprouver, mais bien persuadée qu'après ses insultes le capitaine accepterait sans doute ma partie.
—A moins, reprit le masque, que nous ne reprenions le jeu de votre père, à l'endroit où il l'a si maladroitement interrompu.