—Sans doute, repartit madame Vernier; puisque nous sommes le public, nous n'avons pas le droit de savoir toute la vérité. Mais alors je demande qu'on dégage la moralité du conte.

—A une condition, s'écria Stanislas, c'est qu'on ne prétendra pas que l'histoire de la señora Mendez prouve les inconvénients du jeu. Ce serait une moralité trop banale et trop facile à trouver.

—Moi, je pense, dit sir Olliver, qu'il faut conclure de ce récit que l'ennui est dans tout et partout. La señora n'a pris les cartes que pour échapper au spleen.

—Au spleen ou au mariage? dit Ottavio.

—Ces deux défauts se comprennent et s'engendrent tour à tour, répliqua Stanislas.

—Pourquoi M. Mendez eut-il l'idée d'empêcher la señora de se jeter dans le Mançanarez? reprit l'impitoyable madame Vernier, qui entrait décidément en hostilité légère contre l'Espagnole.

—Par humanité, dit Ottavio.

—Par amour, dit Frantz.

—Par caprice, dit sir Olliver.

—Par tout cela à la fois, dit Dolorida. Homme de tête et d'imagination, le señor Mendez se dit sans doute que je valais la peine d'être conservée, que je pourrais être une très-agréable épouse de journaliste et de député. Il est excusable de m'avoir sauvée: je ne le suis pas, moi, de l'avoir écouté. J'ai ajouté l'ingratitude à la collection des petits défauts que je lui apportais en dot.