Gertrude regarda M. Wolff, en ouvrant ses grands yeux étonnés. C'était la première fois que leur ami hasardait quelque chose qui ressemblât à une galanterie; elle en conçut plus de tristesse que de joie.

—Je venais vous avertir de l'heure, dit-elle; il est minuit; c'est bien tard, monsieur Gottlieb, pour vous retirer.

—Vous croyez qu'il est si tard que cela? répondit M. Gottlieb, qui ne connaissait que trop l'heure exacte et qui n'avait pas cessé de regarder de temps en temps l'horloge.

—Encore une fois, voulez-vous rester, mon cher ami, dit le bon M. Arnold?

—En effet, ajouta Wolff, si vous avez peur de rentrer.

—Peur! qui vous a dit que j'avais peur?

—Je juge d'après moi-même; je ne serais pas rassuré, moi, tout seul, dans les rues, par ce temps-là. Il neige, il fait un vent épouvantable.

—Vous croyez que je ferais bien de rester? demanda M. Gottlieb, qui désirait qu'on lui fît violence.

—Certainement, répéta-t-on en chœur.

—Eh bien, je reste.