—Peut-être; mais savez-vous à quelle condition? M. Gottlieb ne chassera pas son vieil ami de cette maison; il ne laissera pas sur le pavé le compagnon de sa jeunesse, si.....

—Achevez.

—Si vous voulez bien devenir madame Gottlieb.

—Mon Dieu! s'écria Gertrude, qui porta la main à son front et qui devint plus pâle qu'une morte.

—Voilà ce que j'avais à vous dire, mademoiselle, murmura Wolff, qui craignait de s'évanouir.

Il y eut un silence. Gertrude essayait de comprendre le coup qui la frappait; mais elle le sentait et elle en mourait, sans en avoir la conscience bien nette. Elle releva peu à peu la tête, et regardant le jeune homme avec une pénétration que celui-ci n'eût jamais soupçonnée:

—Et que me conseillez-vous? balbutia-t-elle.

—Moi!

Wolff était au bord de l'abîme qu'il avait prévu. Mais il y a dans la jeunesse un besoin d'héroïsme qui triomphe des plus grandes défaillances du corps. L'étudiant n'osa pas soutenir ce regard, plein de feu, d'innocence et de foi (car le mot d'amour serait ici profane); il ferma à demi les yeux.

—Je vous conseille, Gertrude, si M. Gottlieb est impitoyable, d'épouser M. Gottlieb.