On enleva la lettre, qui portait pour suscription: Au capitaine Michel. Voici ce qu'elle contenait:

«Sir Olliver Brandon, etc., etc., etc. (Suivaient deux lignes de titres et de dénominations), a l'honneur de vous faire part de son mariage avec madame veuve Louise Vernier.

«P. S. Sir Olliver est désolé de ne pouvoir inviter tout l'équipage du Cyclope à son repas de noce. Il regrette notamment de ne pouvoir donner au matelot Pharamond, dont il a pu apprécier la gentillesse et les bonnes manières, une boîte de bonbons. Il compte bien se dédommager à la première rencontre.»

—Qu'est-ce que cela veut dire? demanda Michel assez surpris.

—Cela veut dire qu'il se moque de vous, grommela Pharamond.

—Allons! en route et ne perdons pas de temps, dit Michel. Puisqu'il est parti, bon voyage! Mes amis, ma femme et mes filles m'attendent: ne laissons pas refroidir la soupe.

Jamais le capitaine n'avait été si familier: tout l'équipage en fit la remarque. Mais il était évident que c'était une façon de dissimuler sa mauvaise humeur. Le Cyclope déploya ses voiles, leva ses ancres, et prit sa course pour le vieux monde, c'est-à-dire pour le monde toujours nouveau, toujours renouvelé.


Un auteur bien appris, comme un gouvernement bien réglé, a une excellente police à ses ordres et doit compte au public de la destinée de tous les héros qu'il a mis en scène. Réglons donc ce compte, qui n'embarrasse pas notre conscience.

Pour commencer par les derniers venus, nous dirons que le matelot Pharamond navigue toujours et n'a pas gagné sous le rapport du bon ton et de l'aménité. Il déteste les Anglais, et il n'est pas étranger aux bruits de guerre et de descente en Angleterre qui circulent de temps en temps.