D'abord, il erra dans les rues, sans savoir au juste où il allait; puis la réflexion lui vint, il courut à l'hôtel d'Angleterre, et demanda, en bégayant presque, si M. Rosenheim n'était pas arrivé.

—Je crois que oui, répondit un monsieur tout de noir habillé, un maître d'hôtel qui, habitué à tout promettre et à répondre affirmativement à toutes les questions, n'admettait pas qu'on dût rebuter un client.

Gérard se sentit défaillir; il s'appuya au mur, et voulut continuer ses questions; mais sa langue resta collée à son palais.

—Est-il seul? murmura-t-il avec un effort pénible.

—Je ne saurais trop vous le dire, répliqua le maître d'hôtel infaillible.

—Jacques, demanda-t-il à un garçon qui passait, quand et avec qui M. Rosenheim est-il arrivé?

—Rosenheim? je ne connais pas ce nom-là; nous n'avons pas de voyageur qui se nomme ainsi.

Gérard put respirer.

—Il me semble pourtant, reprit le maître d'hôtel, que j'ai entendu prononcer plusieurs fois ce nom-là!

—C'est peut-être par moi, insinua Gérard; voilà, depuis deux jours, la dixième fois que je viens le demander.