L'ENFANT. Il y a qu'aujourd'hui, dans une heure, commencera sur cette place une grande lutte, et que le prix du vainqueur sera cette belle épée et ce beau casque à plumes.
BERTRAND. Oh! si je pouvais les gagner!
L'ENFANT. Non, vous êtes trop jeune.
BERTRAND. Trop jeune! je suis plus fort que tous les Rennois! (Se parlant à lui-même) Mais comment faire pour échapper à ma tante? Elle va m'appeler pour l'accompagner à vêpres, et avant une heure la lutte commence.... Je ne serai pas là.... Un autre aura le prix!... Mon Dieu! mon Dieu! c'est bien cruel pourtant de renoncer à cette épée qui est là brillante au-dessus de ma tête.... Je l'aurais gagnée, j'en suis sûr.
SCÈNE IV.
BERTRAND, la châtelaine de LA MOTTE.
LA CHÂTELAINE, de la porte de sa maison. Bertrand! Bertrand! toujours dans la rue!... Que faites-vous là?
BERTRAND. Ma tante, je regardais cette épée; voyez, on dirait qu'elle me regarde. Son acier poli brille comme des yeux.
LA CHÂTELAINE. Vous ne pensez jamais qu'aux armes et aux combats. Bertrand, c'est aujourd'hui le saint jour du dimanche, venez à l'église, et priez Dieu qu'il vous change.
BERTRAND, à part. Oh! oui, je vais le prier de me donner le casque.