Note 2:[ (retour) ] Les femmes des grandes maisons de ce temps-là savaient le latin et le grec.
--Ton désir sera accompli, répondit le seigneur d'Aubigné en embrassant son fils; nous confierons à M. Henri Étienne un portrait de ta mère, et tu le retrouveras en tête de ton travail, te souriant et t'encourageant encore.»
L'enfant, satisfait par cette promesse, s'échappa des bras de son père, et, s'élançant sur la plateforme du château, s'exerça à la fronde avec les archers de garde. L'étude ne prenait pas toute son âme. Les penchants guerriers s'y développaient à l'envi de ceux de l'esprit. Il faisait des armes en chantant des vers encore sans rime et sans césure qu'il improvisait. Alors il était gai, bruyant. Une heure après, il traduisait du grec, de l'hébreu et du latin. Il se passionnait pour les héros de l'antiquité, et plus tard il a rappelé ces mâles études dans ses vers, où il se fait dire par la bouche de la fortune:
Je t'épiais ces jours lisant si curieux
La mort du grand Sénèque et celle de Thrasée,
Je lisais par tes yeux en ton âme embrasée
Que tu enviais plus Sénèque que Néron,
Plus mourir en Caton que vivre en Cicéron;
Tu estimais la mort en liberté plus chère
Que de vivre en servant.......