—Pourquoi pas? C'est peut-être un peu plus difficile.

—C'est que ce n'est pas moi qui raccommode mes gants; c'est ma femme de chambre.

J'avais presque envie de dire: «Il faudra aussi choisir un mari qui sache coudre les boutons!»

—Vous trouvez Laure peu dégourdie, me dit la mère qui lisait mes pensées sur mon visage. Il est vrai que, de son naturel, timorée et un peu lente de perception, il n'a rien été fait pour la secouer, parce que nous avons longtemps pensé qu'elle se ferait. D'ailleurs ce n'est pas amusant de gronder une enfant! Je crois que le mariage la développera.

—C'est ainsi qu'on a fait pour vous?

—Oh! non. J'étais aussi un peu engourdie, mais j'avais une mère qui ne m'aurait pas supportée telle que, et il faut bien avouer que j'ai été rudoyée et ai reçu bien des sermons peu agréables.

—Vous vous en êtes mal trouvée? Vous regrettez d'être intelligente, active?

—Oh! non. Je bénis tous les jours le souvenir de ma mère pour cela; mais, sur le moment même, je vous assure que je ne l'aimais pas! Les circonstances de la vie m'ont appris combien il est agréable de savoir un peu de tout!

Que pouvais-je répondre à cela? Mettre davantage les points sur les i eût été absolument contraire à l'esprit de société.

CHAPITRE XX