Ma Lise aimait à se voir célébrée.
Plus n'est le temps où, de mes seuls bouquets
Je la voyais toujours parée.
Les vers que l'amour me dictait
Ne répétaient que le nom de Lisette,
Et Lisette les écoutait.
Plus d'un baiser payait ma chansonnette.
Au même prix qui n'eût été poète!
Enfin, quoique je fusse à peine sortie de l'enfance alors, je me rappelle parfaitement la gaieté de ces soupers de mon père. On me faisait quitter la table avant le dessert; mais de ma chambre j'entendais des rires, des joies, des chansons, auxquels je ne comprenais rien, à vrai dire, et qui pourtant n'en rendaient pas moins mes, jours de congé délicieux.
À onze ans je sortis tout-à-fait du couvent, après avoir fait ma première communion, et Davesne, qui peignait à l'huile, me fit demander chez lui, pour m'apprendre à charger une palette; sa femme venait me chercher. Ils étaient si pauvres, qu'ils me faisaient peine et pitié. Un jour, comme je désirais finir une tête que j'avais commencée, ils me retinrent à dîner chez eux; ce dîner se composait d'une soupe et de pommes cuites. Tous deux, je crois, ne se restauraient qu'en venant souper chez mon père.