«Une femme spirituelle et riche vint combler le déficit, apportant au grand acteur quarante mille livres de rente. Cette affaire s'arrangea chez mademoiselle Contat; je dis affaire, car l'aimable prétendue avait au moins vingt ans de plus que son mari.» Il y a là une grande erreur de date, qu'il est facile de rectifier, pour l'honneur même de Talma; car, s'il eut épousé à vingt-huit ans, une femme de cinquante ans, parce qu'elle avait quarante mille livres de rente, qu'il l'eut quittée après cinq ans de mariage, lorsqu'il lui en restait à peine six; ce procédé eût été peu délicat, et je lui rends trop de justice pour le penser.
Julie est morte en 1808, dix ans après son divorce, à l'âge de cinquante-trois ans, elle en avait donc trente-sept en 90, lors de son mariage; et elle était assez bien encore, pour qu'elle put se croire aimée pour elle-même. Au reste, si mademoiselle Contat a été pour quelque chose dans cette affaire, il paraît que les dames de la Comédie-Française prenaient beaucoup de part aux liens contractés par Talma, car mademoiselle Raucourt, de son côté, avait fait tout son possible pour empêcher son second mariage avec madame Petit-Vanhove; elle prévoyait sans doute que Talma ne serait pas plus fidèle que par le passé.
Mais madame Petit était veuve, mère, maîtresse de ses actions; et les conseils d'une amie ne purent avoir assez d'influence pour la faire renoncer à un projet formé de longue date.
Quant à Julie, je trouve qu'il est peu généreux de parler avec cette légèreté, d'une personne qui a tant souffert, et qui le méritait si Peu! perdre à la fois son mari, sa fortune et ses enfants!… Le malheur est si respectable, qu'il est des sujets qu'il devrait interdire.]
[7: Dans les mémoires que l'on a écrits sur cette famille, on dit que le comte Guillaume avait beaucoup d'esprit. C'est une étrange erreur. Le comte Jean et Mademoiselle Chon étaient les seuls qui méritaient cette réputation.]
[8: Il y avait dans la famille des Dubarry, comme dans toutes les familles nombreuses, des parents éloignés qu'ils ne connaissaient pas, et dont les filles en se mariant avaient changé de nom; la plupart de ces collatéraux ne tardèrent pas à se montrer lorsque la puissance de la favorite fut connue.]
[9: Comme madame Lemoine n'est pas un personnage historique, qu'elle a toujours évité ce qui pouvait la faire paraître avec trop d'éclat sur la scène du monde, à cette époque surtout, où sa famille n'était que trop en vue, on lui a presque toujours donné ce nom de Lemoine jusqu'à son mariage avec le comte Guillaume].
[10: J'ai vu le comte Jean en 1789. Il était alors très vieux.]
[11: J'ai entendu raconter tous ces détails quand j'étais à Toulouse avec madame Saint-Huberty].
[12: C'était bien long-temps après la mort de Louis XV].