—Alors il faut venir ce soir au bal de la société patriotique, et l'amener avec toi.

—Mais, ma fille n'ayant que quatre ans, ne danse encore que sur les genoux.

—Eh bien! je la ferai danser.

Puisqu'il aimait les enfants, il aurait bien dû prendre plus de pitié de ceux qui en avaient.

—Allons, c'est convenu, tu danseras avec ce joli garçon, ajouta-t-il en me montrant l'officier qui m'avait amenée.

—Oui, citoyen représentant.

—Tu es une aristocrate, tu ne tutoies pas.

—Vous avez trop d'esprit pour vous arrêter à ces misères, lui dis-je sans me déconcerter; qu'est-ce que ça prouve? que je n'en ai pas l'habitude, et que je n'ai jamais tutoyé que mon amant (il fallait bien lui parler son langage).

—Tu as l'air d'un fameux sans-souci.

—J'en prends le moins que je peux, mais je serais bien plus gaie au bal de ce soir, lui dis-je en me rapprochant de lui d'un air suppliant, si vous vouliez me donner quelque espoir pour mes amis?