—Qu’est-ce que vous voulez, Madame, dit-il d’un air las... les punitions n’agissent pas, les raisonnements encore moins. Le pauvre enfant n’est sensible à rien et n’a peur de rien. Je vous l’ai déjà dit. Il faudrait vous en séparer pour le mettre dans une bonne institution, loin d’ici... Ce serait mieux à tous les points de vue. Il serait enrégimenté, surveillé... L’émulation... Il est tout aussi apte qu’un autre, quand il veut. Vous n’avez qu’à voir comme il a vite appris son plain-chant. Voilà! Quand ça lui plaît...

—Je ne me séparerai jamais de mon fils!... répondit froidement Mᵐᵉ Carmin.

Onctueux, le prêtre accepta cette phrase qu’il attendait.

—Alors, Madame, ayez un précepteur... Un abbé... Je vous ai déjà dit tout cela.

—Monsieur le curé, fit-elle avec assez de hauteur, je vous ai déjà dit aussi qu’il ne me convenait pas d’introduire dans ma vie une personne étrangère...

Ils avaient baissé les yeux tous deux. Mᵐᵉ Carmin était encore trop jeune, et craignait les mauvaises langues; elle était, de plus, chacun le savait, fort regardante et redoutait des dépenses non prévues dans ses calculs serrés.

L’abbé Lost releva la tête, cligna, ne regarda pas en face, et conclut:

—Alors, Madame?...

—Alors, Monsieur le curé?...

—C’est un enfant bien difficile... articula-t-il d’un air décourageant.