—Ça lui passera, ne te fais pas de bile. Il est encore enjésuité, mais le grand air et l’exercice feront leur effet d’ici peu, sois tranquille!

Et la mère s’accrocha, reconnaissante, à cet espoir.

Laurent avait passé son après-midi dans le parc, cherchant des branches souples pour en faire arc et flèches. Il n’acceptait décidément ni le cheval ni la bicyclette.

—C’est formidable!... répétait l’oncle Jacques.

Pendant cinq ou six jours, celui-ci vint plusieurs fois dans la journée s’informer de son neveu. Mais il n’y avait rien à lui raconter. L’enfant avait organisé sa vie à sa façon. Il disparaissait dès l’aurore, revenait déjeuner, disparaissait de nouveau, rentrait pour le dîner et se couchait en sortant de table. Pour le reste, aux heures des repas, seul moment où le vit sa mère, il gardait son silence farouche et sa tête basse.

—On n’en fera plus rien!... remarquait le tuteur avec dépit, comme s’il eût souhaité des esclandres.

Et les mille avances qu’il faisait à l’adolescent chaque fois qu’il le rencontrait à midi, le soir, restaient sans résultat.

Un matin (l’oncle Jacques avait-il guetté?), Laurent se trouva nez à nez avec lui dans le parc.

—Ecoute, Laurent!

—Quoi, mon oncle?...