Le lendemain, au sortir du déjeuner, il avait retenu l’enfant.
Un quart d’heure plus tard, il réapparaissait, tout joyeux, devant la mère et l’oncle.
—Il accepte!...
Et voilà comme Laurent partit pour Paris, accompagné de son tuteur.
Avait-il compris pour quelle raison? Quoi qu’il en fût, il n’en laissa rien voir.
Paris!
En baissant les yeux, l’abbé Lost avait dit: «Si le pauvre enfant veut continuer ses débauches, Paris est si grand! Personne, du moins, ne le saura...»
La surveillance du gérant de la maison d’automobiles était bien lointaine. Celle du contremaître valait mieux. L’abbé connaissait et appréciait son cousin, homme du peuple intelligent, ferme et doux. Laurent, habitué maintenant à la discipline, du moins à la surface, souffrirait beaucoup moins d’être gouverné par quelqu’un qui lui apprendrait un métier de son goût, que de vivre aux mains de ceux qui, pendant deux ans, l’avaient retenu prisonnier en n’occupant son activité débordante qu’à des études qu’il avait toujours haïes.
Et, de nouveau, chaque semaine, une lettre arrivait au château, donnant des nouvelles du petit.
Quel changement de style! Le contremaître écrivait comme il pouvait, naïve calligraphie d’écolier, orthographe de primaire.