- Oh! la fortune! répondit celle-ci avec une expression triste, je ne l'apprécie plus autant qu'autrefois! Et elle pèsera bien peu dans ma décision!
- Je puis donc lui écrire de demander un congé?
- Après tout, oui, dit Anne en hésitant. J'ai éprouvé un vrai regret quand il a quitté la ville et je n'ai eu à l'égard de personne autre au monde un sentiment analogue.
- Il était alors conduit par un scrupule de délicatesse et ne voulait pas aller sur les brisées de Robert, dont il connaissait l'amour pour toi.
Anne était pensive. Elle tendit la main à sa tante et dit:
- Oui, dans mon enfance, il y avait eu des projets formés dans notre famille et j'ai été coupable vis-à-vis de Robert. Mais il était trop parfait pour moi, et Dieu, dans sa miséricorde, s'est servi de mon orgueil lui-même pour m'amener à une vie plus sérieuse. Je souhaite à mon cousin une compagne digne de lui.
CHAPITRE XIX
- Docteur, que pensez-vous de votre malade?
Cette question était posée par le malade lui-même et ses yeux anxieux interrogeaient au moins autant que ses lèvres le visage de celui auquel il s'adressait.
- Oh! ce n'est pas que je regrette la vie, croyez-le!