- Oui, je viens pour vous guérir. Vous m'obériez, n'est-ce pas?

- Oui, répondit-elle avec soumission.

- Elle ne veut même pas prendre de la tisane, grogna Nicolas.

Sarah jeta un regard inquiet sur le docteur.

- Elle est mauvaise, dit-elle à voix basse.

- Elle en prendra désormais, dit doucement Robert.

- Vous ne la connaissez pas, elle est si entêtée! reprit le marchand.

Des larmes parurent dans les yeux de l'enfant.

- Mais non, s'empressa de répondre le jeune Martelac, elle ne sera plus entêtée, je vous le promets. Vous sucrerez bien les tisanes que vous lui donnerez, ajouta-t-il en s'adressant à Nicolas, se doutant qu'une pareille recommandation était nécessaire.

La petite fille vit la grimace faite par son grand-père à ce dernier mot, mais elle n'osa expliquer que sa répugnance pour la tisane venait justement de ce qu'elle n'était pas sucrée.