La chambre dans laquelle on avait transporté Nicolas était contiguë au magasin et paraissait en faire partie, car à part le lit sur lequel avait été déposé le corps, elle était remplie de meubles à vendre. Lorsqu'elle fut tranquille et quand tout fut remis en ordre, la femme chargée de ce soin s'approcha de Sarah:

- Il faut déjeûner, lui dit-elle. Vous êtes à jeun, sans doute?

La petite fille leva les yeux vers elle:

- Je n'ai pas faim.

- Voyons, reprenez courage. Si vous voulez, je vais vous apporter ce qu'il vous faut?

- Là? Oh! non.

Elle avait frémi, en jetant un regard du côté du lit.

- Alors, venez.

La voisine entraîna l'enfant et celle-ci éprouva un immense soulagement à quitter, ne fût-ce qu'un instant, le voisinage de ce lit et du triste fardeau qu'il portait. Tandis qu'elle essayait d'avaler le lait chaud présenté par cette femme, celle-ci la questionna:

- Vous n'avez donc plus personne de votre famille pour veiller sur vous?