—Non! s’écrie Marie, c’est mon fils et il s’est cassé le bras. Jean l’a mal remis, et maintenant il faut que Paul chante.
—Il faut qu’il chante parce que son bras est mal remis? Je n’y comprends rien, dit papa.»
Maintenant Jean raconte toute l’histoire.
«Ah! ah! je comprends, dit papa. En voilà un beau docteur!
—Mais c’était si difficile! dit Jean. La ficelle glissait tout le temps. Alors j’ai mis la ficelle autour du poignet, j’ai retourné le bras et je l’ai attaché à l’épaule.
—Tiens, tiens, tu es un drôle de docteur. Je ne te demanderai pas de m’arracher ma dent. Tu m’arracherais peut-être la langue au lieu de la dent.
—Oh! s’écrie Marie, ça ne fait rien, petit père, car tu n’as pas besoin de chanter comme Paul.»
[XIII]. Toute seule!
Quinze jours après, Marie était toute seule dans la chambre avec ses deux poupées. Mais où était donc Jean? Jean était allé pour la première fois à l’école. Marie en était très triste. Elle se sentait si seule! Jean savait si bien jouer au père, au docteur, au cocher ou au cheval. Et voilà qu’il était parti! Qui serait maintenant père, ou docteur, ou cocher, ou cheval?