Les voilà tout seuls dans le bois, les pauvres petits! Le Petit Poucet grimpa alors vite dans un arbre et il vit bientôt une petite lumière. «Je vois une maison, dit-il.» Il descendit de l’arbre et les voilà en route.

Ils cherchèrent longtemps leur chemin, mais arrivèrent enfin à la maison. Ils frappèrent, une femme ouvrit la porte et les enfants lui demandèrent s’ils pouvaient entrer dans sa maison: ils avaient peur du loup, la nuit, dans le bois. La femme leur répondit que cette maison était à son mari, l’ogre, et que celui-ci mangeait les petits enfants. Mais elle voulait bien les cacher jusqu’au lendemain. Et quand elle entendit arriver l’ogre, elle cacha bien vite les sept petits enfants sous le lit.


[XXVIII]. Le Petit Poucet. (fin)

Quand l’ogre entra dans la chambre, il dit tout de suite: «Je sens la chair fraîche!»

Il chercha partout et trouva les sept pauvres petits enfants sous le lit. Il voulait déjà les tuer pour les manger, mais sa femme lui dit: «Mange ce veau que j’ai fait rôtir pour toi, tu mangeras les enfants demain.»

Quand l’ogre eut mangé le veau, il s’endormit et pendant la nuit, la femme ouvrit la porte et les sept enfants partirent bien vite.

Le lendemain, l’ogre dit: «Où sont les enfants? Je veux les manger pour mon déjeuner.» Mais sa femme lui dit qu’ils étaient partis. Furieux, l’ogre mit ses bottes de sept lieues et courut après les enfants.

Mais ceux-ci s’étaient cachés et l’ogre passa devant eux, sans les voir. Quand l’ogre fut fatigué, il se coucha sur la mousse et s’endormit. Pendant qu’il dormait, le Petit Poucet sortit de sa cachette. Il coupa la tête de l’ogre, lui ôta ses bottes de sept lieues et les mit à ses petites jambes. Il rentra alors avec ses frères, mais lui-même partit ensuite chez le roi. Le roi était en guerre et le Petit Poucet, avec ses bottes de sept lieues, lui apporta des nouvelles de son armée qui était très loin. Il fit tant de commissions pour le roi, que celui-ci lui donna un grand sac de pièces d’or.

Avec tout cet argent, le Petit Poucet rentra chez son père, le bûcheron, et celui-ci fut bien content de le voir arriver.