Et ils vécurent très longtemps heureux ensemble.


[XXIX]. La Neige.

Jean trouva l’histoire très belle, comme toujours, mais il remarqua pourtant quelque chose qui ne l’avait jamais frappé. Ce bûcheron n’était pas un vrai père! Un vrai père travaille pour ses enfants. C’est pour cela que son papa à lui était si fatigué tous les soirs et qu’il devait faire un somme. Et le bûcheron chassait ses enfants dans le bois et ils pouvaient revenir quand ils avaient des sacs pleins d’or. C’était le monde renversé! Non, Jean n’aimait pas un tel papa. Il était content d’en avoir un autre, un vrai! Il jouerait toujours tout doucement le soir. Son papa pourrait alors faire un bon somme.

Jean avait raison. Mais heureusement on ne trouve ces bûcherons-là que dans les contes de fées. Les vrais bûcherons ne sont pas de si mauvais pères!

«O maman, il neige!» cria tout à coup Marie.

Les rideaux n’étaient pas fermés et les enfants virent les beaux flocons blancs tomber du ciel sur la terre. D’abord quelques petits flocons, puis un peu plus et bientôt tant de flocons tombaient qu’on ne voyait plus que du blanc partout.

Les enfants n’avaient pas beaucoup envie d’aller se coucher, mais ils montèrent pourtant bientôt et, dans leurs petits lits, ils pensèrent au plaisir qu’ils auraient le lendemain.

Le lendemain, un épais tapis de neige couvrait la terre. Que c’était amusant pour les enfants. C’était un jeudi, heureusement. Jean n’allait donc pas en classe. Il joua au jardin avec Marie. Ils se jetèrent des boules de neige, montèrent en traîneau, et firent des glissades. Qu’elle était amusante la neige!