«Qu'y a-t-il, Aimée? demande Mademoiselle avec surprise.

—Un homme! là, bonne amie!

—Un homme, répète une grosse voix, voyons un peu cette belle histoire; quelque voleur de pommes, sans doute.

—Catherine, c'est moi!» murmure Gaston d'une voix défaillante.

La servante s'arrête, la bouche entre ouverte, les yeux indécis, devant ce petit mendiant agenouillé, dont les bras sont tendus vers elle.

«Je suis Gaston,» s'écrie-t-il.

Catherine se précipite vers lui, le soulève, et court, vers
Mademoiselle.

«Gaston, monsieur Gaston!» crie-t-elle d'une voix pleine de sanglots.

Et elle presse contre sa poitrine le pauvre enfant meurtri, fiévreux, méconnaissable sous ses haillons, dont les bras se sont noués autour de son cou. Gaston voit le visage de sa tante se pencher au-dessus du sien; il veut lui sourire, la nommer: sa tête et son cœur se brisent, il s'évanouit.

* * * * *