—Vous voulez dire celui de M. de La Taillade?

—N'est-ce pas la même chose, puisque vous portez son nom? répondit Bouchot avec bonhomie. Permettez-moi, madame, de vous demander si vous avez quelquefois accompagné au chemin de fer, non pas une parente, mais une simple connaissance, ce qu'on appelle dans le monde une amie?

—Pourquoi cette étrange question?

—Afin de vous rappeler qu'à l'instant de se séparer, de prononcer ce petit mot si triste: adieu! on se sent plein d'indulgence pour ceux qui partent et qu'on ne reverra peut-être jamais. On oublie, ne fût-ce qu'une minute, leurs travers, leurs défauts, leurs torts, s'ils en ont eu, pour ne songer qu'à leurs qualités. Je viens vous dire adieu, cette minute d'indulgence, voulez-vous me l'accorder, à moi qui vous suis profondément dévoué? Consentez-vous à m'écouter avec patience?

—Je ne comprends pas où vous voulez en venir?

—À causer avec vous de votre bonheur futur.

—De mon bonheur? répéta la marquise avec étonnement.

—Ou de celui de Gaston, ce qui est la même chose, puisque vous portez son nom, dit encore l'artiste qui sourit.

—Je vois enfin poindre une lueur; vous êtes ambassadeur?

—Simple chargé d'affaires officieux, madame; sans mandat, sans lettres de créance; mais ami de la paix et désireux de rétablir la bonne harmonie entre deux gouvernements prêts à en venir aux mains.»