—Non, répondit carrément Bouchot. Je me bats avec M. de Champlâtreux, à pied ou à cheval, à son choix. Le lieu, vous le choisirez; pourquoi, vous ne chercherez pas à le savoir, et surtout vous garderez le secret.
—Allons; je serai chez moi dans une heure, et demain toute la matinée; vous m'adresserez les témoins de René. Voulez-vous dîner avec moi?
—Merci, mon cher Beauchesne, la langue, ça va encore; mais je crois que l'appétit laisserait à désirer.
—Au revoir, et bon courage. Dites donc, avait-il une aussi jolie maîtresse que moi, votre Faruc?
—Chut! murmura Bouchot, ne prononcez jamais ce nom devant Alice, c'était son oncle.»
L'artiste embrassa de nouveau la jeune femme.
«Dans deux ou trois jours, petite Alice, si je mène à bien une grosse affaire que j'ai entreprise, je commencerai votre portrait; mais je vous avertis d'avance que j'aurai de la peine à vous appeler Loïsa.
—Mon premier nom n'a pour moi que de tristes souvenirs que je cherche à oublier; vous avez monté, vous; moi, je suis descendue, et je n'ai plus droit qu'au mépris.
—Dites à la compassion, ma chère Alice; j'ai pu choisir ma route, tandis qu'on vous a imposé la vôtre. Si vous n'êtes pas heureuse, je vous plains.»
Alice serra à son tour la main de l'ex-apprenti.