—Non, répliqua Bouchot avec vivacité; à cause de Mme de La Taillade.»

M. de Champlâtreux regarda l'artiste avec stupéfaction; celui-ci dut lui raconter les soupçons de Gaston, la démarche tentée près de la marquise et la scène imprévue qui s'en était suivie.

«C'est-à-dire que tu vas te battre pour ton ami?

—Oui, répondit simplement Bouchot, afin de l'empêcher de se battre lui-même.

—Je n'ose te blâmer, s'écria le vieillard; à ta place, j'en suis sûr, Gaston agirait comme toi. Ah! mes braves cœurs, continua-t-il, je ne sais rien de plus beau que votre vaillante amitié.»

M. de Champlâtreux, au lieu de se rasseoir, se promena lentement dans la chambre; sa taille, un peu courbée d'ordinaire, s'était redressée; son œil redevenait brillant et animé; il passait sa main dans sa chevelure, dont la blancheur donnait à son visage un aspect vénérable.

Tout à coup il s'arrêta devant Bouchot.

«Les conditions du duel sont-elles réglées? demanda-t-il.

—Pas encore; l'heure passe, et je commence à croire que les témoins de mon adversaire ne se présenteront que demain.

—Tant mieux; je serai ton second.