—Pourquoi n'avez-vous pas deviné, Catherine, que j'allais rentrer et que je désirais lui parler?

—Dame, monsieur, je ne l'ai pas fait exprès; je vais appeler
Mademoiselle.

—Ne la dérangez pas… Ah! ma chère Catherine, il va des moments bien solennels dans la vie.

—Est-ce qu'il vous arrive un malheur, monsieur Bouchot?

—Je ne sais pas encore au juste. Voyons, Catherine, vous avez de l'expérience; vous ne sauriez donner que de bons conseils. Répondez-moi avec franchise; dussiez-vous briser la boîte à musique, je ne vous en voudrais pas. Au nom de votre père et de votre mère, Catherine, dois-je rire ou dois-je pleurer?

—À propos de quoi?

—Je vous le dirai plus tard; pour le moment, je vous demande un oui ou un non; consultez votre expérience et répondez.

—Riez, monsieur Bouchot; je ne vous ai jamais vu triste, et tout le monde y perdrait si vous changiez de caractère.

—J'essayerai de rester moi-même pour vous égayer, Catherine; Mlle Aimée est-elle au salon?

—Je la crois au jardin avec M. Fontaine, qui est rentré plus tôt que de coutume.