«Tu souffres? que t'arrive-t-il, bon Dieu? confie-moi vite la cause de ton chagrin. Réponds, réponds-moi donc, cruel enfant, répéta Mademoiselle dont les larmes coulaient à la vue de la douleur de son neveu; ne vois-tu pas que tu me fais mourir?»

Gaston se redressa; il essaya de sourire.

«Ce n'est rien, chère tante, dit-il, rien qu'un enfantillage. Au moment de vous quitter, je me suis souvenu de cette époque où l'on m'a entraîné loin de vous, et toutes les anciennes blessures de mon cœur se sont rouvertes.»

Mademoiselle secoua la tête d'un air de doute.

«Il se passe quelque chose que tu veux me cacher. Ce départ, tu n'y songeais pas hier.»

Gaston demeura muet.

«Voyons, continua Mademoiselle qui l'attira sur sa poitrine comme lorsqu'il était petit, confesse-toi, je réussirai peut-être à te consoler. Ce n'est pas pour un enfantillage qu'un homme comme toi pleure. Tu aimes encore Hélène, tu souffres de ne plus la voir, et c'est elle que tu vas chercher?

—Non, s'écria Gaston, je ne puis plus que maudire celle que vous venez de nommer.

—Je le regrette, mon pauvre ami; elle est ta femme, après tout, et ce sont les plus belles années de votre existence à tous deux qui vont s'écouler dans l'isolement. Voyons, n'est-il aucun moyen de vous rapprocher.

—Je ne l'aime plus.