—Reste près de moi, alors; que vas-tu chercher à Paris?

—La gloire, répondit Gaston; il est temps que je vous rende fière de votre neveu.

—Je le suis, répondit Mademoiselle qui le baisa au front. Toute mon ambition est satisfaite lorsque tu es là près de moi, que je m'appuie sur ton bras et que je sens combien tu m'aimes.

—Mais vous avez l'âme trop haute, chère tante, pour vouloir que je me condamne à l'oisiveté. Il est un vide dans mon cœur qu'il me faut combler, puisque l'amour ne doit plus le remplir. Je veux essayer d'être utile.

—Vous autres hommes d'imagination, répondit Mademoiselle, vous placez le bonheur si haut que vous réussissez rarement à l'atteindre, et vous rendez le sort responsable de vos déceptions. Ce n'est pas un blâme que j'exprime, dit-elle à un mouvement de Gaston, c'est un regret. Du reste, tout ce qui pourra te distraire, je le trouve bon. Va donc, mon pauvre enfant, mais reviens vite; personne n'est heureux ici lorsque tu es absent.»

Elle demeura un instant pensive, puis elle ajouta:

«Ta détermination a donc été prise ce matin? hier au soir, tu parlais d'accompagner ton parrain à Dreux.

Gaston prononça le nom de son ami.

Mademoiselle sourit tout à coup.

—Ah! dit-elle, me voila soulagée et je suis sûre de te revoir bientôt;
M. Bouchot te ramènera.