Gaston recula jusqu'à la chambre obscure pour ne plus entendre. Il ne se rapprocha de son poste d'observation qu'au bout de quelques minutes. Le marteau recommençait à battre; l'homme fumait une grosse pipe; l'apprenti avait repris son travail, mais il passait à chaque instant la main sur ses yeux encore pleins de larmes.

«Si ce monsieur qui est mon papa allait me frapper ainsi,» pensa Gaston avec terreur.

Il tenta d'ouvrir une nouvelle porte, songeant à fuir, à regagner Houdan à tout prix. Le pêne résistait, et l'enfant se déchirait les doigts en vains efforts lorsqu'un pas lourd retentit, une clef pénétra dans la serrure, et M. de La Taillade entra.

Comme un coupable surpris en flagrant délit, Gaston avait reculé jusqu'au mur; sa respiration haletante, ses yeux démesurément ouverts révélaient la terreur à laquelle il était en proie.

«Te voilà levé, luron, dit Alexis, incapable de rien remarquer; as-tu joué avec ton canon?

—Reconduisez-moi chez ma tante, monsieur, je vous en prie.

—Encore ta chanson! Mais tu n'as pas vu Paris. Sois tranquille, tu y retourneras chez ta tante; il est même probable qu'elle viendra te chercher plus tôt que tu ne crois. Allons, viens m'embrasser.»

Gaston s'avança en boitant.

«Qu'as-tu donc, petit? tu marchais si droit hier!

—Je suis fatigué, j'ai mal…»