Bouchot avait passé son bras autour du cou de son ami et l'entraînait doucement loin du fleuve.
«Pourquoi n'irions-nous pas dans ton pays? reprit-il. Je n'ai plus envie de me noyer, moi. Hier au soir, je ne dis pas, c'était convenu. Mais à présent, je trouve ça bête, d'aller mettre si peu de viande dans tant de bouillon.
—Nous n'aurions plus à souffrir, murmura Gaston.
—Hum! on ne sait pas, vois-tu. Le père Faruc a beau dire, l'enfer, c'est peut-être vrai. Se jeter à l'eau pour se réveiller sur un gril, en face d'un grand diable qui vous retourne avec une fourche, comme une côtelette!… Allons plutôt à Houdan.
—Il nous faudrait de l'argent.»
Bouchot se tira les oreilles avec énergie.
«Je le connais, ce refrain-là, dit-il. Pour boire, de l'argent; pour manger, de l'argent; pour aller à Houdan, de l'argent. Pas une seule chose qu'on puisse se procurer sans argent!… Si, ma foi, les toutouilles.»
Tout en causant, les deux amis s'engageaient dans la rue Planche-Mibray.
«Voyons, quelle somme nous faudrait-il? demanda résolument Bouchot qui s'arrêta.
—Pour aller à pied?