Là-dessus il se rendit à l’Assemblée Générale de Bordes et Cie qui se tenait dans un manège lointain du côté de Passy. En marchant, il réfléchissait aux événements des jours précédents. Il avait commencé par donner tous ses soins à ce journal ; combien de maquettes avait-il imaginées et rejetées ! Fougnasse assez inventif, bon esprit d’assimilation mais nullement délié n’avait su lui proposer que des à-côtés, des perfectionnements de détail ; il avait dû faire lui-même tout ce qui était essentiel. Les rédacteurs avaient été assez facilement recrutés ; mais le plus ardu c’était de trouver et de maintenir ce ton de correction général, ce timbre d’honnêteté, d’indépendance sans tapage, cette allure de doctrine assurée et tranquille qui ne s’inquiétait point de prosélytisme ni de persécution, assurée de détenir la vérité dans l’ordre économique et financier. Par un mimétisme qui était bien dans sa nature, Fougnasse s’y était mis assez rapidement, et, depuis quelques jours, Bernard lui avait laissé la charge de l’éditorial, n’avait plus rien à corriger à ses brouillons ; le ton digne, mesuré, attentif était bien ce qui devait plaire ; le rédacteur inconnu (car l’éditorial n’était point signé) prenait les événements du jour, les analysait, y discriminait les motifs d’influence bonne et mauvaise sur le marché ; jamais de prédictions tranchées absolument ; des conclusions intelligentes, mais formulées avec une réserve telle que, quel que fût l’événement ultérieur, le Conseiller pût écrire, sans forfanterie et comme en passant : « Nous l’avions bien dit », ajoutant selon le cas : « Comme nous l’avions, en effet, donné à espérer… » ou « les conséquences malheureuses et généralement imprévues dans la presse, mais contre lesquelles nous avions mis en garde nos lecteurs, seuls au milieu de l’optimisme universel… » Ce style prudent, cette démarche opportuniste si bien accordés au caractère de la bourgeoisie moyenne française, Bernard avait eu bien du mal à lui donner sa forme ; il se rendait bien compte qu’il lui devait en grosse partie son succès. Mais ce succès n’aurait pas été si rapide sans son invention de L’Œil et de la Tribune Libre. Il rendait grâce maintenant à l’insomnie qui lui avait offert en cadeau cette idée magnifique au milieu de cette irritation nerveuse, de cette exaspération que les soucis, les craintes, (et aussi les chagrins) entretenaient en lui depuis un mois.
Qu’il avait eu du mal à écrire cette première lettre de L’Œil ! Dès la première ligne son intelligence lui avait bien dicté ce qu’il devait faire ; mais à chaque instant la colère contre ses adversaires reprenait le dessus ; il écrivait, il assouvissait son irritation, puis rayait rageusement le papier ou le déchirait ; sa terrible promptitude aux gestes extrêmes, sa rancune exacerbée, lui faisaient accomplir dans le silence de son bureau les seules vengeances qu’il pût satisfaire avec de l’encre et des plumes ; obligé de revivre par la pensée ses relations avec Blinkine et Mulot, il amassait avec un tremblement frénétique tout ce que son amour-propre et sa cupidité avaient pu ressentir d’atteintes et, avec une bordée de mots injurieux, essayait de se délivrer, de répandre sa bile, d’éteindre sa soif de massacre. Au centième de ses brouillons, il n’avait pas encore acquis cette sérénité nécessaire pour l’impression qu’il voulait produire sur le lecteur. Il fallut qu’il appelât Fougnasse. Celui-ci comprit tout de suite, et plus calme, plus désintéressé, l’aida à se surmonter, à sacrifier toute vaine perfidie, à achever enfin cette première lettre de l’Œil qui avait été pour le Conseiller le commencement du succès et pour les titres de Bordes le commencement de la débâcle. Cette expérience du caractère de son nouveau patron avait suffi à l’avocat pour qu’il se mît tout à fait dans la peau du rôle que lui avait dévolu Bernard. C’est lui qui, au bout de quelques jours, assumait la rubrique de l’Œil avec une prudence que le jeune homme approuvait et dont il craignait lui-même, tant son âme était bouillonnante de haine, de se montrer incapable. Après la réussite des premiers numéros, Fougnasse avait pu, d’autre part, conclure quelques contrats de publicité qui assuraient la vie du journal. Désormais l’entreprise ne coûtait rien à Bernard et peut-être deviendrait-elle un jour rémunératrice. En tous cas, de quel prix était cet instrument pour son avenir financier !
Tous ses soins avaient été consacrés à conserver le plus strict secret sur ses accointances avec le Conseiller. Fougnasse était devenu Jean Lefranc ; il ne recevait pas les rédacteurs, tout se faisant par correspondance ; il établissait la légende qu’il ne voulait pas être influencé et la maison n’en prenait que meilleure réputation ; les comptes en banque du Conseiller étaient parfaitement isolés de l’extérieur ; ils ne recevaient ni chèques, ni virements, mais seulement les versements qu’y faisait Monsieur Lefranc lui-même ; la comptabilité d’ailleurs facile du journal était tenue par Bernard ; il ne voyait Mr. Lefranc qu’à des endroits et à des heures bien choisis. Cette vie extraordinaire le comblait d’aise ; il agissait de même avec Ramon et Bartuel qu’il contrôlait d’ailleurs l’un par l’autre et qui, prenant pour argent comptant ses mensonges longuement élaborés, ne savaient rien de ses intentions ni même de la vérité. Pour Ramon, le Señor Ranquillos était Espagnol et devait se dire Vénézuélien ; il avait rendu quelques services à Bernard qui le gardait par pitié. Pour Bartuel, le Señor Sernola était une créature à lui imposée par des gros souscripteurs. Les deux hommes se méfiaient l’un de l’autre ; ainsi rien ne transpirait.
Il avait si bien organisé ce silence qu’à plusieurs reprises Mr. Orsat s’étant entretenu avec lui du Conseiller n’avait pas une minute songé qu’il pût avoir à côté de soi le propriétaire du journal et cet Œil mystérieux dont toute la presse avait parlé. Comment l’eût-il soupçonné ? Bernard ne lui faisait-il pas ses confidences ? Et, en effet, Monsieur Orsat ayant pris l’habitude de venir le voir à son bureau, le jeune homme l’y recevait avec empressement, l’entretenait de ses asphaltières, l’inclinait à la confiance. En réalité, il ne lui disait rien qu’il ne voulût lui dire et, peu à peu, parachevait sa conquête, entrait dans ses soucis, faisait le tour de ses affaires et de son portefeuille. Il lui donna quelques avis, effectua pour son compte quelques opérations qui l’ennuyaient. Préoccupé de manifestations artistiques et sportives, Monsieur Orsat en vint à se décharger complaisamment sur son futur gendre de bien des démarches et à envisager avec plaisir le moment où il pourrait confier à Bernard devenu son fils la gérance, sous sa surveillance, d’une fortune assez éparpillée pour demander une constante attention. Cette tendance politique de Bernard, si puissante et si fine quand elle n’était pas annihilée par quelque haine ou quelque désir invincible, lui avait également permis de faire de Mme Orsat et de Reine des esclaves extasiées ; il s’était borné à les étudier, à établir peu à peu le type de leur idéal et à se donner la physionomie de ce type avec une habileté innée qui lui permettait de jouer la comédie sans fatigue ; c’était le mot et il se le répétait : je joue la comédie. Il n’était mené que par quelques sentiments tenaces, quelques aspirations irrésistibles, l’amour du lucre, l’ambition, la soif de s’établir à une place qui lui permît définitivement de dominer et de jouir. Pour y parvenir, le loup devenait agneau sans difficulté ; le camouflage, le mensonge lui étaient naturels.
Ainsi ce 30 Mars, parvenu à un des paliers de sa tâche, tandis qu’il se rendait à cette assemblée générale de la maison Bordes, il déroulait complaisamment pour lui-même le panorama des faits récents qu’il avait clandestinement provoqués ; il se dépouillait à ses propres yeux sans aucune honte et même avec un sentiment de confiance et d’orgueil. Une chose pourtant l’inquiétait encore et il lui semblait bien qu’elle dût l’inquiéter toujours. C’était son aventure avec Angèle. Plus il y voulait penser avec froideur, plus il sentait monter et gronder il ne savait quelle révolte, quelle désolation immense et désespérée ; le temps arrangerait-il tout cela ? Hélas ! de savoir que tressaillait dans la chair vive de sa maîtresse une autre chair fille de lui, déjà il éprouvait une foule de sentiments puissants et contradictoires : la joie d’avoir un enfant, la reconnaissance, la tendresse infinie pour cette Angèle de délice et d’amour, la crainte de ne pouvoir les avoir tous deux désormais près de lui, pour lui, à lui seul. Il savait bien qu’il les avait sacrifiés à son ambition de fortune. Pourquoi fallait-il donc que la fortune et l’amour eussent pris pour lui ces deux visages opposés, ne lui eussent offert que ces deux routes inconciliables ?
Tout en remontant les Champs-Élysées, il revivait leurs dernières rencontres. Il se rappelait maintenant ce soir si proche encore où il avait vu sa maîtresse pour l’ultime fois. Depuis quelque temps une heure venait chaque jour où il ne savait plus comment il pouvait vivre encore, l’heure à laquelle il avait pris l’habitude de rendre visite à Angèle. Chez la jeune femme, une immense résignation, une piété nouvelle, toute langueur, avaient pris la place du désespoir des premiers jours. Le Père Régard était arrivé par une miraculeuse médication de l’âme à verser peu à peu cette nouvelle douceur sur la vive blessure. Il avait su refréner le néophyte Abraham dont le zèle menaçait de compromettre l’œuvre de salut. « Point d’excès, disait-il ; il faut laisser encore son opium à cette intoxiquée… » Abraham n’avait pas compris d’abord. L’idéalisme farouche et foncier de sa race l’inclinait d’emblée aux solutions extrêmes ; son catholicisme voulait tout de suite être gallicanisme, jansénisme, ultramontanisme, n’importe ! mais il tentait de se dépasser d’une manière définitive, de joindre au-dessus de l’homme il ne savait quel absolu. Le Père Régard souriait avec mansuétude. Qu’il en avait vu de ces ardeurs mystiques ; qu’il les redoutait les éclatants et brefs feux de paille ! Un seul traitement qui convînt : la patience ; une seule attitude : l’observation ; ne pas compromettre l’œuvre de la grâce si vraiment c’était bien elle qui se manifestait ; laisser s’éteindre la flamme, si vraiment elle n’était qu’une apparence. Il étudiait cependant son pénitent. Abraham lui racontait sa vie brûlante, toujours incomplète, inassouvie et partagée. Il sut par le menu le détail de toutes ses tentatives intellectuelles. Il rendait grâce au Tout-Puissant d’avoir montré avec tant d’éclat qu’une seule chose est nécessaire : le salut.
— « Pourtant, disait-il au jeune homme, allez-vous vous arrêter ici ? Allez-vous sentir, après tant de pas et de foulées dans le désert, que vous êtes arrivé à la fontaine la plus fraîche, à la source désaltérante de la vie ? Dieu le veuille ! Mais la chair est faible et je crains que vous ne cédiez aux caprices de cette Inconstance qui est dans votre âme la forme que prend la malice de l’Ennemi. » Abraham protestait. Le Père hochait la tête : « Veillez-y, veillez-y. » Le jeune homme redoublait d’attention, fortifiait ses résolutions. Son confesseur avait touché juste ; il suffisait que l’écueil fût signalé pour qu’il devînt objet d’opprobre et de dérision au regard d’une intelligence qui avait tout essayé, que tout avait trahi, et qui ne demandait rien tant que de se sentir affermie. Parfois, étonné de ses élans, il s’en ouvrait au Père : « Je désire, lui disait-il, je désire je ne sais quoi… » Mais le Jésuite ne voulait point qu’il lût encore les grands mystiques : « C’est une boisson trop forte pour vous. L’alcool ne désaltère pas les gorges brûlantes ; il ne les satisfait pas mais les exaspère. Du calme, mon enfant, du calme. » Il poursuivait une sage thérapeutique, indulgente, modeste, à ras de terre. Un jour, Abraham s’écroula à ses genoux ; il avait cédé à une sorte de frénésie du péché ; une femme fort belle et amoureuse qu’il avait retrouvée, qui l’avait repris par la tendresse, vaincu… Il fallut le consoler ; Dieu ne veut pas la mort du pécheur ; le Père n’admettait pas l’air confit, les yeux baissés, il voulait lire dans l’âme des pénitents : seul moyen pour que la harangue s’improvisât toute seule, adéquate à l’oreille préparée à l’entendre, pour que le remède dosât ses constituants (huile, acide) suivant l’état et la blessure du malade. Jamais ce tact du confesseur toujours en éveil ne se trouvait pris en défaut. « La vérité, dit-il un jour à Abraham, c’est que vous, Bernard, Angèle et ce François dont tous les trois m’avez si souvent parlé, vous souffrez du mal de notre époque. Les romantiques ont lu Werther sous toutes ses formes ; qu’il s’appelât René ou Olympio, c’était toujours le même avec un tempérament différent. Nous voyons naître maintenant, dans la génération qui est la vôtre, des Bernard Rabevel. Votre camarade représente le mal qui vous est commun, sous sa forme la plus exaltée et dans un tempérament terrible. Ce n’est plus le désir de mourir des romantiques, c’est l’exaspération du désir de vivre, de sentir et d’assimiler le maximum, c’est ce que j’appellerai le Mal des Ardents. Il a pris chez vous la figure de l’intelligence pure, chez François la figure de l’action, chez Angèle la seule figure qu’il pût prendre chez une femme, la figure de l’amour ; et chez Bernard, il est multiple ; la tête, le cœur, les sens, tout y est bouillant et orienté constamment par l’ambition de se tendre à l’extrême de ses limites… »
Bernard était entré sur ces entrefaites ; la vue du Père l’avait bouleversé ; la terrible empreinte subsistante encore, la surprise, l’émoi… il s’était jeté à ses pieds en murmurant comme autrefois et sans savoir ce qu’il disait : « Mon Père, pardonnez-moi parce que j’ai péché. » Le Père l’avait relevé aussitôt en secouant la tête : « Nous n’en sommes pas là, mon fils ; plus tard, plus tard… » Et tous deux simultanément avaient songé à la première visite du petit Rabevel dans la chambre du Jésuite quand, agenouillé sur le prie-Dieu, il s’était entendu dire de même : « Plus tard… Plus tard… » Inutilité, vanité du joug sur de telles âmes… Pathétique retour d’un naturel sauvage… Mais le Père s’était repris tout de suite. Il avait entrepris une conversation enjouée pour donner à Bernard le temps de se remettre. Puis, quand il l’avait vu en possession de lui-même, il l’avait attaqué aimablement et en riant : « Je parlais de vous à Abraham, lui avait-il dit, au moment où vous êtes entré. Savez-vous, lui disais-je, que Bernard est un être extraordinaire, le plus magnifique et le plus complet représentant d’une maladie fort commune et mal connue encore ? » — « Laquelle ? » fit Bernard. — « Le Mal des Ardents, répondit le Père, nom poétique d’une bien terrible diathèse comme dirait Monsieur Charcot. » — « Eh ! eh ! dit Bernard, nom fort explicite et qui me révèlerait à moi-même si je m’ignorais. Mais ce n’est pas une maladie, mon Père, puisque, loin de contredire à l’action et à la volonté de mon tempérament, elle l’exalte et l’épanouit. » — « Elle l’use, Bernard, et elle vous dégrade. Mais ce n’est pas le moment encore de vous entreprendre ; il faut que cette machine infatigable jette ses flammes. Que de péchés à commettre, que de mauvaises actions avant le repentir ! Dieu veuille que vous viviez assez pour ne point mourir dans l’impénitence finale. » Bernard constata sans surprise mais tout de même avec un peu de regret, que ce langage ne l’émouvait point. Mais il vit aussi que le Père ne cherchait pas à l’émouvoir. « Songez, reprit le Jésuite, à ce que vous êtes devenu. Comme une éponge pressée se vide d’eau, vous vous êtes vidé de Dieu. Il n’est plus possible que vous croyiez encore à tout ce qui nous dépasse. Sans doute avez-vous eu encore des réflexes, mais ces gestes sans chaleur étaient la preuve même de la mort de vos sentiments religieux. Vous voilà libre, délivré de toute transcendance ; ces terribles mains sont prêtes pour livrer vous et les autres à tous les crimes qu’interdisent Dieu et l’Église ; et même à ceux que punit la Société si vous y trouvez plaisir ou profit ; quelle extraordinaire existence vous allez mener ! Vous avez déjà trompé tout le monde : vos éducateurs, vos parents, vos amis et, sans doute, vos ennemis si vous en avez. (Si vous n’en avez point cela ne tardera guère.) Sûrement vous réussirez dans vos entreprises. Mais cette réussite même vous sera contraire, car votre exaltation pour se contenter, ne pouvant plus se satisfaire dans le normal, succombera à toutes les tentations. J’ai peur pour vous des vices, des passions… » Bernard savourait d’avance sa répartie : « Et si je me mariais ?… » Le Père répondit sans réfléchir et comme dans un cri : « Ah ! la malheureuse ! » Aussitôt il voulut se reprendre. Mais il comprit que c’était inutile, il n’insista pas. Bernard demanda : « Que faire ? » — « Ah ! mon Dieu, oui, que faire ? Écoutez, Bernard, conservez et révérez dans votre cœur le plus longtemps que vous pourrez cet amour même coupable que vous avez pour Angèle, en le purifiant. Dieu n’interdit point d’aimer idéalement mais il interdit de convoiter la femme du prochain. Que le souvenir de cet amour s’estompe et pâlisse peu à peu en vous, mais vous garde de toute aventure comme une grande personne morale, une belle chose vivante qui conserve la place du dieu momentanément voilé, et, par le repentir, prépare ses voies et son retour. Et n’oubliez point de prier. Priez sans croire, Bernard, mais priez… » — « Et mon fils ? » — « Sa mère et son père l’élèveront. Son père, Bernard, qui n’est pas vous, ne l’oubliez point. Qui sort de la justice n’y rentre pas aisément. Rien ne vous interdit de l’aimer et il n’est pour vous qu’une seule manière de le faire, c’est que votre vie puisse lui être un bel exemple… » Il se leva. Les jeunes gens le raccompagnèrent à la porte. Sur le palier il se retourna vers Bernard : « Même sans croire, priez, priez… Craignez l’impénitence finale. »
Quand il fut parti : « Brrr ! dit Bernard, il n’est pas ravigotant, le paroissien ! » Il demanda : « Angèle n’est donc pas là ? »
— Elle va revenir bientôt. Je trouve même que, pour le troisième jour qu’elle se lève, elle se montre un peu imprudente en restant si longtemps dehors.