Lutum. Limus. Cœnum. Sordes. Squalor. Pædor. Situs. Stercus. Fimus. Oletum. Merda.

1. Lutum, limus, cœnum, matière malpropre et humide lutum, boue des rues et des routes, πηλός ; limus, limon des fleuves, ἴλυς ; cœnum, vase des marais, ϐόρϐορος. Tac. Ann. I, 63. “Cætera limosa, tenacia gravi cœno aut rivis incerta erant.” “Hors de là des terrains limoneux où l’on reste fortement engagé dans la vase ou des terrains coupés par des ruisseaux.” Sordes, squalor, pædor, situs, matière malpropre et sèche : sordes, opposé à splendor, crasse des pauvres, de la populace, des avares qui porteront, par exemple, des vêtements hors d’usage, ῥύπος ; squalor, opposé à nitor, malpropreté des gens qui manquent de savoir-vivre et de goût, qui oublieront, par exemple, de se peigner les cheveux, αὐχμός ; pædor, opposé à munditiæ, saleté des gens qui ne prennent aucun soin de leur personne, vermine, gale, πίνος ; situs, opposé à usus, moisissure, rouille, qui proviennent d’un abandon prolongé, ἄζη. De là viennent les formes différentes des adjectifs : lutosus, limosus, cœnosus, c’est-à-dire plein de boue, de limon, de vase ; mais sordidus, squalidus, pædidus, c’est-à-dire qui se sent des sordibus, etc. ; et dans les périphrases : oblitus luto, limo, cœno, mais obsitus sordibus, squalore, pædore.

2. Stercus, le femier considéré par son vilain côté, comme amas d’immondices, ϰόπρος ; fimus, par son côté utile, comme engrais.

3. Cœnum, terme général pour les excréments qui inspirent du dégoût ; oletum, excréments de l’homme ; merda, des animaux.

Luxus. Luxuria.

Luxus, usage ou étalage du luxe, parfois même objet de luxe ; luxuria met toujours l’homme en jeu ; c’est une disposition, une inclination, un penchant au luxe. Sen. Ir. I, 11. “Animis delicias, luxum, opes ignorantibus.” “Ces âmes auxquelles les jouissances, le luxe, les richesses sont inconnues.” Et un peu plus loin : “Opinionem luxuriæ segnitiæque”. “Les lenteurs de Scipion le firent soupçonner d’aimer le luxe et le repos.” Sall. Cat. 13. “Romani famem aut sitim... luxu ante capere”, c’est-à-dire par un raffinement que le luxe avait introduit. Comparez avec Jug. 90 (ou 85[1], vers la fin du discours de Marius). “Luxuria atque ignavia, pessimæ artes, luxuria”, c’est-à-dire la manie du plaisir.

M