Pervicacia. Perseverantia. Pertinacia. Contumacia. Destinatio. Obstinatio.
1. Pervicacia et perseverantia présentent comme une vertu l’attachement à un sentiment dans lequel on est entré : la pervicacia est fondée sur une énergie naturelle, c’est l’ardeur opposée à la lassitude ; la perseverantia, sur le développement des qualités sérieuses, c’est la persistance opposée à la versatilité. Pertinacia et contumacia expriment un défaut : la pertinacia provient d’un attachement opiniâtre à une résolution prise comme l’entêtement et la présomption, par opposition à la condescendance ; la contumacia, de l’orgueil qu’on met à défendre son libre arbitre, même contre une autorité compétente et légitime, comme l’arrogance et l’esprit de résistance par opposition à la docilité ou obsequium. Accius dans Non. “Tu pertinaciam esse, Antiloche, hanc prædicas, ego pervicaciam esse aio et a me uti volo.” “Tu soutiens que c’est de l’entêtement ; je dis que c’est une fermeté généreuse que je tiens à montrer.” Cic. Inv. II, 54. “Unicuique virtuti finitimum vitium reperietur, ut pertinacia quæ finitima perseverantiæ est.” “On rencontrera un défaut dans le voisinage de toutes les vertus ; c’est ainsi que l’entêtement est voisin de la persévérance.”
2. Pervicacia, etc., marquent la stabilité dans une résolution prise ; destinatio et obstinatio ont plus de rapport à l’acte qui consiste à la prendre : destinatio, lorsqu’elle est irrévocable, c’est de la décision ; obstinatio, lorsqu’on s’y attache en dépit de tous les obstacles, même insurmontables, et de toutes les représentations raisonnables, c’est de l’endurcissement.
Petere. Rogare. Postulare. Exigere. Poscere. Flagitare.
1. Petere et rogare, termes généraux pour toute espèce de demande, soit qu’on prie, soit qu’on exige ; ils tiennent le milieu entre poscere et orare, sauf à se rapprocher quelque peu du dernier : petere se rapporte à l’objet qu’on souhaite ; rogare, à la personne à laquelle on s’adresse, d’où petere aliquid ab aliquo, mais rogare aliquem aliquid. Cic. Verr. IV, 28, 64. “Iste petit a rege et eum pluribus verbis rogat, ut id ad se mittat.” “Il tâche d’obtenir cela du roi et l’en sollicite longuement.” Famm. II, 6. “Ne id quod petat, exigere magis quam rogare videatur.” “Pour tâcher d’en venir à ses fins sans se donner des airs de créancier plutôt que de solliciteur.”
2. Postulare et exigere se disent d’une demande pure et simple par laquelle on fait tranquillement connaître sa volonté : postulare s’entend plutôt de ce qu’on veut et souhaite ; exigere, de ce qu’on prétend. Poscere et flagitare se disent d’une demande pressante : poscere, d’une demande faite d’un ton décidé, avec le sentiment de son droit ou de sa puissance ; flagitare, d’une demande faite avec impétuosité dans la passion et dans l’impatience du désir. Tac. H. II, 39. “Othone per literas flagitante ut maturarent, militibus ut imperator pugnæ adesset poscentibus ; plerique copias trans Padum agentes acciri postulabant.” “La lettre d’Othon exprimait une vive impatience d’en finir ; les soldats exigeaient que l’empereur payât de sa personne au jour de la bataille ; un très-grand nombre souhaitaient qu’on fît venir les troupes établies au delà du Pô.” Cic. Verr. III, 34. “Incipiunt postulare, poscere, minari.” “Viennent les demandes, les exigences, les menaces.” Planc. 19. “Poscere atque etiam flagitare crimen.” “Exiger, vouloir emporter une accusation.” Legg. I, 5. “Postulatur a te jam diu vel flagitatur potius historia.” “Voilà longtemps qu’on te demande ou plutôt qu’on brûle de t’arracher cette histoire.”
- Petra, v. [Saxum].
Petulans. Procax. Protervus. Lascivus.
Le petulans blesse le sentiment des convenances, modestia, par caprice, par des agaceries et des provocations inutiles ; le procax, par indiscrétion, impertinence et importunité ; le protervus, par impétuosité, par un laisser-aller qui ne respecte rien ; le lascivus, par une joie bruyante et folâtre. Il faut chercher l’origine de la petulantia dans l’aversion pour le repos et la paix ou même dans la méchanceté ; celle de la procacitas dans la hardiesse ou l’impudence ; celle de la protervitas dans le sentiment exagéré de sa force ou dans l’orgueil ; celle de la lascivia dans la gaieté du caractère ou dans le défaut de gravité. Liv. XXXVIII, 24. “Flagitatum quoque stipendium, procacius quam ex more et modestia militari erat.” “On réclama vivement la solde avec une impudence contraire à tous les usages et à la subordination.”