Rus. Ager. Rusticus. Agrestis. Rusticanus.

1. Rus, la campagne, par opposition à la ville, le village avec sa banlieue ; ager, la campagne, par opposition à une localité quelconque, les champs. Cels. Med. 1. “Sanum oportet... modo ruri esse, modo in urbe, sæpiusque in agro.” “Il faut, pour se porter bien, vivre tantôt à la campagne, tantôt à la ville, surtout aux champs.”

2. Rusticus, ἀγροῖϰος, celui qui habite le village ; agrestis, ἄγριος, celui qui a grandi aux champs, en sauvage, comme ferus : le terme est cependant plus doux, car ferus exprime directement la sauvagerie comme faisant le fond du caractère, et agrestis en rappelle seulement l’idée par la désignation du séjour ou de l’origine.

3. Transportant ces termes aux qualités de l’esprit, rusticus désigne plutôt la grossièreté intellectuelle ; agrestis, la grossièreté morale. Rusticus s’entend, comme champêtre, de la timidité et de la simplicité ; il se rapproche dans le bon sens de l’innocence et dans le mauvais de la gaucherie ; agrestis marque, comme rustique, l’effronterie et la bassesse ; il ne se prend jamais en bonne part, il confine à la feritas. Le rusticus (opposé urbanus) ne blesse que les conventions du savoir-vivre ; l’agrestis (opposé humanus) blesse les lois naturelles de la décence.

4. Quand Cicéron veut adoucir encore l’idée exprimée par rusticus et prévenir toute équivoque, il emploie de préférence rusticanus. Rusticus désigne alors le paysan qui naît, vit et meurt au village ; rusticanus, le citadin que les circonstances y relèguent. On peut ranger parmi ces derniers les provinciaux, municipes, en qualité de rusticorum similes.

S

Sabulo. Harena. Sabura.

Sabulo, et dans Pline sabulum, le sable considéré comme une espèce de terre légère ; harena, arena, comme une terre sèche, pierreuse, comme des parcelles ou de la poussière de pierre, par opposition à un sol fertile ; enfin, sabura, saburra se rapporte particulièrement à l’usage qu’on fait du sable pour lester les vaisseaux.