Sacer. Sanctus.

Sacer, sacré, s’entend, comme ἱερὸς, de ce qui est la propriété des dieux, par opposition à profanus ; sanctus, saint, de ce qui est sous leur protection, à l’abri de toute souillure, pur et sans tache, par opposition à pollutus, comme ὅσιος. Sanctus homo, âme pure, agréable aux dieux ; sacer, mortel maudit, dévoué aux dieux à titre de victime expiatoire. Et de même sancire signifie mettre sous la protection immédiate des dieux, en parlant, par exemple, de lois et de traités d’alliance ; sacrare, dédier aux dieux, en parlant, par exemple, de temples et d’autels.

Sacrare. Consecrare. Dicare. Dedicare.

Sacrare, consecrare, mettre au nombre des choses saintes, on tient à marquer que tout usage profane de ces choses est et demeure retiré et interdit aux hommes ; dicare et dedicare, consacrer, on tient à marquer qu’on attribue aux dieux la propriété de la chose. Consecrare peut s’employer absolument, mais dedicare exige qu’on nomme le nouveau propriétaire.

Sæpe. Crebro. Frequenter. Frequentare. Celebrare.

1. Sæpe, souvent, par opposition à semel, à nonnunquam, à semper, comme πολλάϰις ; il s’agit de la répétition des mêmes actes en des temps différents ; crebro et frequenter, fréquemment, par opposition à raro ; il s’agit de la pluralité des objets ou des événements : crebro, coup sur coup et plutôt trop que trop peu, comme θαμά ; frequenter, bien des fois. Creber se dit en général d’une multitude pressée et entassée ; frequens, d’une foule nombreuse. Frequens contient un éloge, comme largus ; creber, un blâme, comme spissus. Et on dit du sénat frequentes senatores, lorsqu’il s’agit de marquer qu’il est au complet ; on emploierait crebri, si la place manquait à cause de la presse et si les sénateurs étaient à l’étroit sur leurs siéges.

2. Frequentare, visiter souvent un lieu, ne le point négliger ; celebrare, le visiter souvent et le rendre par là animé et bruyant.

Sævitia. Crudelitas.

Sævitia, cruauté sanguinaire du tyran qui a, comme la bête féroce, du plaisir à tuer et à faire souffrir, par opposition à mansuetudo ; crudelitas, cruauté froide du juge ou du souverain qui applique la loi dans toute sa sévérité, par opposition à clementia.