2. L’ignarus ne possède pas cette notitia, l’inscius cette scientia. Tac. Hist. I, 11. “Ægyptum provinciam insciam legum, ignaram magistratuum.” “La province d’Égypte qui n’est ni initiée à nos lois, ni façonnée à nos habitudes de gouvernement.” La législation exige une étude en règle, tandis qu’on peut apprendre l’administration par la pratique.

3. Inscius, celui qui n’a rien appris ou qui n’a pas appris quelque chose, il y a lieu de blâmer ; nescius, celui qui par hasard n’a pas entendu parler de quelque chose, n’en a pas fait l’expérience ; le mot se prend indifféremment en bonne ou en mauvaise part. Cic. Brut. 83.Inscium omnium rerum et rudem.” “Ignare et brut.” Comparez avec Plin. EP. VIII, 23. “Absens et impendentis mali nescius.” “J’étais absent, je ne me doutais pas du malheur suspendu sur ma tête.”

Collis. Clivus. Tumulus. Grumus.

Collis et clivus, grande colline qui est une petite montagne : collis, ϰολωνὸς, hauteur, par opposition à la plaine qui est au-dessous, et, par suite colline assez raide ; clivus, ϰλιτὸς, plan incliné, par opposition à la plaine horizontale, et, par suite, colline en pente douce. Tumulus et grumus, petite colline qui n’est qu’un gros tertre : tumulus, comme ὄχθος, tertre naturel ou artificiel, par exemple un tumulus ; grumus, élévation exclusivement artificielle, faite de main d’homme, χῶμα. Colum. Arbor. vers la fin. “Collem autem et clivum modum jugeri continentem repastinabis operis sexaginta.” “Vous emploierez soixante manœuvres à défricher sur une colline une pente de la contenance d’un arpent.” Liv. XXI, 32. “Erigentibus in primos agmen clivos apparuerunt imminentes tumulos insidentes montani.” “Quand les têtes de colonne de l’armée d’Annibal s’élevèrent sur les premières pentes des Alpes, elles découvrirent les montagnards établis sur les mamelons qui dominaient la route.” Hirt. B. Hisp. “Ex grumo excelsum tumulum capiebat.” “Il voulut quitter son tertre pour gagner une éminence qui commandait les environs.”

Comere. Decorare. Ornare.

1. Comere et decorare, parer, pour embellir et pour flatter la vue ; ornare, orner en joignant l’utile à l’agréable.

2. Comere présente la parure comme une recherche minutieuse et efféminée, souvent avec une idée de blâme, comme nitere ; il s’oppose à la nature, à une simplicité noble, à une négligence gracieuse, parer, ϰομμοῦν ; decorare et ornare la présentent toujours sous un jour favorable, comme splendere, comme un signe d’aisance et de richesse : decorare, par opposition à ce qui est commun et n’a point d’apparence, embellir, ϰοσμεῖν ; ornare, par opposition à ce qui est pauvre et incomplet, orner, ἀσϰεῖν.

3. L’idée contenue dans comere ne va pas au delà d’une question d’arrangement : on ajuste, on polit pour donner bonne mine, par exemple en peignant et tressant les cheveux ; decorare et ornare supposent une addition matérielle ; on emprunte des ornements extérieurs, par exemple, un diadème. Quintil. XII, 10, 47.Comere caput in gradus et annulos.” “Parer une tête de boucles disposées par étages.” Et Virg. Ecl. VI, 69. “Apio crines ornatus amaro.” Linus, qui orne ses cheveux de fleurs et d’ache amère. ТIB. II, 2, 6. “Sertis decorare comas.” “Relever de guirlandes la beauté des cheveux.”